1865-1895
Expéditions de Rwabugiri
RwandaRDC
Le mwami rwandais Kigeli IV Rwabugiri mène des expéditions militaires vers l'île d'Idjwi et le Bushi, où les royaumes shi lui opposent une forte résistance.[1]
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Les dates qui éclairent les causes profondes des conflits des Grands Lacs, de 1865 à 2026.
Grands Lacs · 1865-2026
Cette chronologie accompagne l'analyse de Tuzafrika « Aux racines des conflits des Grands Lacs ». Elle rassemble, période par période, les événements qui permettent de comprendre comment la question de la terre, celle de la nationalité, le tracé des frontières, l'épuisement des États, l'économie de guerre et l'impunité se sont noués.
Chaque date renvoie à ses sources, numérotées entre crochets. Les bilans humains sont donnés avec leurs fourchettes, parce qu'ils restent débattus, et lorsqu'un gouvernement conteste un constat, sa position est indiquée.
Périodes
Période 1
Avant les indépendances, la colonisation trace les frontières, fige les identités et déplace des populations : les ferments des conflits à venir.
1865-1895
RwandaRDC
Le mwami rwandais Kigeli IV Rwabugiri mène des expéditions militaires vers l'île d'Idjwi et le Bushi, où les royaumes shi lui opposent une forte résistance.[1]
1908
RDC
La Belgique annexe l'État indépendant du Congo, qui devient le Congo belge.[1]
1910
RDCRwandaOuganda
Les frontières entre le Congo belge, l'Ouganda britannique et l'Afrique orientale allemande, dont faisait partie le Rwanda, sont fixées par une série d'accords conclus à Bruxelles et à Berlin : le Bufumbira passe à l'Ouganda, l'île d'Idjwi au Congo. Des populations d'une même culture se retrouvent de part et d'autre de la ligne.[1][3][4]
1937
RDCRwanda
Le pouvoir colonial organise le déplacement de familles venues du Rwanda vers le territoire de Masisi, au Kivu, pour fournir de la main-d'œuvre aux plantations.[7]
Période 2
Sécessions, coups d'État et lois successives sur la nationalité : la question de l'appartenance s'installe au cœur de la vie politique du Kivu.
1959-1962
RwandaRDCOugandaBurundi
La « révolution sociale » renverse la monarchie rwandaise. Les violences contre les Tutsi poussent quelque 120 000 personnes à l'exil vers le Kivu, l'Ouganda, le Burundi et le Tanganyika : la question des réfugiés rwandais est posée pour trente ans.[6][1]
11 juillet 1960
RDC
Moïse Tshombe proclame la sécession du Katanga ; le Sud-Kasaï fait sécession à son tour en août.[1]
17 janvier 1961
RDC
Le Premier ministre Patrice Lumumba, livré aux autorités katangaises, est assassiné au Katanga.[1]
1964
Région
Au Caire, l'Organisation de l'unité africaine proclame l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation.[10]
24 novembre 1965
RDC
Le général Joseph-Désiré Mobutu prend le pouvoir par un coup d'État.[1]
1966 et 1973
RDC
Deux lois proclament la propriété de l'État sur le sol et retirent leur valeur juridique aux droits fonciers coutumiers.[7]
27 octobre 1971
RDC
Au nom du « recours à l'authenticité », le Congo devient la République du Zaïre.[1]
1972
Burundi
Des tueries visent d'abord des Tutsi puis, lors de la répression menée par l'armée, massivement des Hutu : plus de 100 000 morts selon les estimations.[12]
Période 3
Crise économique, usure des régimes, guerre en Ouganda et réfugiés sans perspective de retour : les ingrédients d'un embrasement régional se réunissent.
Juin 1981
Ouganda
La guérilla de Museveni fusionne avec celle de l'ancien président Yusuf Lule : naissance du Mouvement de résistance nationale (NRM) et de sa branche armée, la NRA.[13]
Mai 1982
RDC
Une ordonnance déclare nuls les certificats de nationalité délivrés en 1972.[7]
Décembre 1987
RwandaOuganda
À Kampala, l'association des réfugiés rwandais se rebaptise Front patriotique rwandais (FPR).[16]
1988
Burundi
Les violences de Ntega et Marangara, dans le nord du pays, font entre 5 000 et 50 000 morts selon les sources.[12]
Période 4
En quatre ans, la guerre civile rwandaise, la crise burundaise et le génocide de 1994 déplacent le cœur du conflit vers le Kivu.
1990-1992
RDC
Pendant la Conférence nationale souveraine, la nationalité des rwandophones du Kivu, et donc leur droit de vote, revient au cœur du débat politique. En 1991, l'« identification des nationaux » annoncée, qui devait exclure les descendants des populations transplantées, provoque des violences et est abandonnée.[7][9][1]
1er octobre 1990
RwandaOuganda
Le FPR entre au Rwanda depuis l'Ouganda : début de la guerre civile rwandaise.[17]
Août 1993
Rwanda
Les accords d'Arusha suspendent la guerre civile et prévoient un partage du pouvoir et l'intégration des deux armées.[17]
21 octobre 1993
Burundi
Des officiers assassinent Melchior Ndadaye, premier président hutu élu démocratiquement, élu en juin 1993. En un an, les violences font entre 50 000 et 100 000 morts ; la guerre civile durera jusqu'en 2005 et fera environ 300 000 morts.[12]
6 avril 1994
RwandaBurundi
L'avion transportant les présidents rwandais et burundais est abattu au-dessus de Kigali. Dans les heures qui suivent commence le génocide perpétré contre les Tutsi.[6]
Été 1994
RwandaRDC
Environ 1,4 million de personnes fuient vers le Zaïre, dont des soldats de l'ancienne armée et des miliciens Interahamwe, qui se réarment dans les camps du Kivu.[6]
Période 5
Deux guerres successives règlent la question des camps par la force, mais aucune des causes profondes.
1995
RDC
Le Parlement de transition ordonne le renvoi de toutes les personnes d'origine rwandaise ou burundaise, Banyamulenge compris, vers leur pays « d'origine ».[7]
1995
Ouganda
Naissance des Forces démocratiques alliées (ADF), de la fusion de plusieurs mouvements rebelles, dont les restes de la NALU.[20]
Novembre 1996
Ouganda
L'attaque des ADF contre Bwera et Mpondwe fait une cinquantaine de morts et pousse 25 000 personnes à fuir.[23]
2000
RDCRwanda
Les FDLR sont officiellement créées à Lubumbashi, à partir des forces qui avaient fui le Rwanda en 1994 et qui comptaient des auteurs du génocide.[26]
Août 2000
Burundi
Signature de l'accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi.[12]
2003
RDC
Mise en place d'un gouvernement de transition. Le bilan reste débattu : l'IRC estime à 5,4 millions les décès en excès entre 1998 et 2007 ; le Human Security Report Project conteste la méthode et ramène à environ 860 000 l'estimation de 2,8 millions que l'IRC donnait pour 2001-2007.[25]
Période 6
À chaque fin de rébellion, les combattants intègrent l'armée : les crimes restent impunis et les rébellions renaissent.
2005
Burundi
La guerre civile burundaise, qui a fait environ 300 000 morts, s'achève pour l'essentiel ; le FNL ne dépose les armes qu'en 2009.[12]
Janvier 2007
RDCAngola
Selon une déclaration de députés congolais, des forces angolaises occupent onze villages du territoire de Kahemba, dont les habitants sont chassés.[31]
2007
RDCOuganda
Sur le lac Albert, autour de l'île de Rukwanzi, des accrochages entre les deux armées font des morts de part et d'autre.[32]
Janvier-mars 2009
RDC
Le CNDP est intégré aux forces armées congolaises : intégration annoncée en janvier, accord du 23 mars 2009.[30]
2009
RDC
Pendant les opérations contre les FDLR, celles-ci tuent au moins 701 civils entre fin janvier et septembre ; l'armée congolaise et ses alliés en tuent au moins 732. À Busurungi, les 9 et 10 mai, au moins 96 morts.[35]
30 juillet - 2 août 2010
RDC
Une coalition FDLR, Maï-Maï Sheka et déserteurs viole au moins 387 personnes dans 13 villages du territoire de Walikale.[36]
1er octobre 2010
RDCRégion
Publication du Rapport Mapping : 617 incidents violents graves commis en RDC entre mars 1993 et juin 2003, par des forces congolaises et étrangères.[22]
Juillet 2012
RDC
La Cour pénale internationale émet un mandat d'arrêt contre Sylvestre Mudacumura, commandant militaire des FDLR.[37]
14 septembre 2012
RDCRwanda
Lancement à Goma du Mécanisme conjoint de vérification de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.[38]
20 novembre 2012
RDC
Le M23, fondé par d'anciens officiers du CNDP mutinés, prend Goma, avant de s'en retirer début décembre.[30]
24 février 2013
Région
Onze pays signent à Addis-Abeba l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération ; ils s'engagent à ne plus soutenir de groupes armés chez leurs voisins.[39]
Période 7
Les massacres des ADF s'étendent, le M23 reprend les armes et la diplomatie s'intensifie, sans traiter encore les causes profondes.
2014
RDCRwandaBurundi
Signature de la convention instituant l'Autorité du bassin du lac Kivu et de la rivière Rusizi (ABAKIR) ; sa ratification reste en cours.[40]
Octobre 2014 - août 2016
RDC
Massacres attribués principalement aux ADF dans la région de Beni : plus de 700 civils tués. À Rwangoma, le 14 août 2016, au moins 64 corps sont retrouvés.[41]
Avril 2015
RDCRwanda
Une commission mixte commence à relocaliser par GPS, autour de Goma, les bornes frontalières posées en 1911.[42]
2019
RDCOuganda
L'organisation État islamique reconnaît l'allégeance des ADF, qui sont rattachées à sa « province d'Afrique centrale ».[20]
Septembre 2019
RDC
Sylvestre Mudacumura est tué par l'armée congolaise sans avoir été jugé.[37]
Octobre 2019
Rwanda
À Kinigi, une attaque fait 14 morts ; Kigali l'attribue aux FDLR, sans vérification indépendante possible.[43]
Mars 2020
RDCZambie
Des troupes zambiennes prennent position dans plusieurs localités du Tanganyika, avant que la SADC ne donne raison à la RDC.[44]
2022
RDCRwanda
Le Groupe d'experts des Nations unies fait état de « preuves solides » d'interventions de l'armée rwandaise aux côtés du M23, et d'armes fournies par des officiers congolais à des groupes armés. Kigali refuse de commenter un rapport qu'il qualifie de non publié et non validé.[45]
Avril 2023
RDC
Le programme national de désarmement recense 266 groupes armés dans l'Est : 252 locaux et 14 étrangers.[46]
Juillet 2023
RDCAngola
Protocole de mise en œuvre de la Zone d'intérêt commun maritime.[33]
27 juin 2025
RDCRwanda
Accord de paix de Washington : neutralisation des FDLR, retrait des troupes rwandaises, retour des réfugiés et intégration économique régionale.[49]
Juillet et septembre 2025
RDC
Les ADF tuent plus de 40 fidèles dans une église de Komanda, puis plus de 60 personnes à Ntoyo. En 2025, au moins 1 022 morts dans plus de 200 attaques.[50]
Septembre 2025
RDC
La RDC compte 5,7 millions de déplacés internes ; près de 122 500 personnes ont fui vers les pays voisins au cours de l'année.[47]
Novembre et décembre 2025
RDCRwanda
Signature à Doha d'un accord-cadre pour la paix entre Kinshasa et le M23 ; l'accord de juin est complété par les Accords de Washington.[51]
Chronologie arrêtée en septembre 2026. Elle sera complétée au fil des travaux de l'Institut.